L’Afrique comptait ce samedi 9 mai 58 918 cas confirmés de coronavirus. Le Covid-19 a déjà coûté la vie à 2 172 personnes sur le continent, selon le Centre pour la prévention et le contrôle des maladies de l’Union africaine. L’Afrique du Sud et l’Égypte sont les deux pays les plus touchés, avec respectivement 9 420 et 8 467 cas. Suivent le Maroc, l’Algérie, le Ghana, le Nigeria, le Cameroun et la Guinée.
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• Des troubles en Sierra Leone, le président accuse l’opposition
Alors que la Sierra Leone a enregistré 257 cas de coronavirus et 17 décès à ce jour, le président sierra-léonais Julius Maada Bio a accusé les opposants du All People’s Congress d’inciter à la « violence terroriste ». Dans un discours télévisé vendredi soir, le chef de l’État a affirmé que le parti d’opposition était impliqué dans des flambées de violence qui ont surgi dans tout le pays. En face, le APC n’a pas réagi dans un premier temps.

Des accusations tenues après que sept personnes sont mortes lors d’une tentative d’évasion et une émeute dans une prison de Freetown le mois dernier, en lien avec le test positif d’un détenu au coronavirus. Ce mercredi 6 mai encore, des pêcheurs ont attaqué un poste de police et une clinique au sud de Freetown, car les autorités avaient limité le nombre de bateaux autorisés à quitter le port pour des raisons de distanciation sociale.

• Augmentation continue des cas au Sahel
À l’heure où certains États africains assouplissent leur mesure de protection anti-Covid, l’épidémie est loin d’être terminée en Afrique de l’Ouest. Notamment dans le Sahel, au Mali, au Burkina Faso et au Niger, où le nombre de cas positifs continue d’augmenter.

Au Mali, la pandémie commence à atteindre des zones isolées, en guerre contre les groupes terroristes. Cette semaine, plusieurs malades du Covid-19 ont ainsi été dépistés dans la région de Mopti, dans le centre du pays. Parmi les localités touchées, il y a Youwarou, une commune située en zone inondée et difficile d’accès, ou Koro, isolée de l’autre côté du fleuve Niger à quelques kilomètres du Burkina Faso.

Au Burkina Faso voisin justement, la semaine du 1er au 8 mai a aussi été marquée par une augmentation du nombre de nouveaux cas. « À cause des compatriotes venus de l’extérieur », expliquait le docteur Brice Bicaba en conférence de presse ce vendredi. En début de semaine, les autorités ont décidé d’assouplir les mesures de protection. Les lieux de cultes sont rouverts et les transports en commun ont pu à nouveau circuler. En revanche, les frontières restent toujours fermées.

• Des annonces gouvernementales au Mali
Près de 700 personnes testées positive au Covid-19 dans le pays. Le couvre-feu en vigueur est levé à compter de ce soir a déclaré samedi le Premier ministre malien Boubou Cissé dans une adresse samedi à la nation. Le chef du gouvernement a également annoncé d’autres mesures pour permettre aux plus démunis de supporter la situation : 10 000 tonnes de céréales gratuites sont en cours de distribution, et 40 000 autres tonnes pour l’intérieur du pays. Pour que les masques puissent être disponibles, nos tailleurs, nos artisans, nos militaires, qui sont déjà à l’oeuvre, seront davantage sollicités. Le défi de produire des masques réutilisables ici au Mali, pays de coton et de créativité, sera relevé inch’Allah.

• En RDC, Denis Mukwege déplore le manque des tests diagnostics
Le responsable de la commission de riposte contre le Covid-19 au Sud-Kivu a lancé un appel à l’approvisionnement en toute urgence samedi lors d’une conférence de presse organisé à Bukavu conjointement avec le gouverneur du Sud-Kivu Théo Ngwabidje. Le Sud-Kivu ne comptabilise aucun cas déclaré depuis la guérison du troisième cas de Covid-19 il y a deux semaines. Mais pour le prix Nobel de la Paix 2018, il faut rester vigilant. S’agissant par ailleurs de l’utilisation de l’artemisia envisagé par certains praticiens de la médecine traditionnelle dans le cadre de la lutte contre le Covid-19, le docteur Denis Mukwege appelle à la prudence. Il dit attendre un protocole d’essais cliniques acceptable scientifiquement et que le comité d’éthique l’autorise car selon lui, il ne faudrait pas exposer la population à consommer des produits qui peuvent être à la limite, dangereux.

• Centrafrique : de nouvelles mesures annoncées
En RCA, le ministre de la Santé s’est exprimé ce samedi afin de faire le point sur l’épidémie de coronavirus, rapporte notre correspondante à Bangui, Charlotte Cosset. Plus de 4 500 personnes ont été dépistées depuis le début de l’épidémie, 143 personnes positives, 70% des cas dépistés ces deux dernières semaines sont majoritairement importés des pays frontaliers. Plusieurs mesures ont été annoncées : le renforcement des contrôles aux frontières, le port universel du masque prochain et le renforcement du dépistage.

Le ministre de la Santé, masque sur le nez qu’il ne quitte plus, a annoncé qu’un protocole médical est appliqué depuis un mois. « On s’est inspiré du protocole du professeur Raoult, explique Pierre Somsé. Je suis même en contact avec son équipe qui comporte un Centrafricain d’ailleurs. Ce qu’ils nous ont dit, c’est que le protocole marche au début. C’est pour ça que nous on veut dépister tôt et traiter tôt pour éviter les complications. Nous voulons dépister dépister dépister. Et si on dépiste, il faut traiter. Cela nous permet de minimiser les risques de décès.

Et le traitement est sur la base de ce protocole diodrox et zytromicine et d’autres médicaments. »
Sur les 143 personnes testées positives, 0 décès mais seulement 10 personnes officiellement guéries depuis le 14 mars. Le ministre de la Santé explique les raisons de ce chiffre :
« Nous avons commencé à faire l’examen des selles des patients et beaucoup ont gardé le virus dans les selles. C’est ça qui fait que ça traine. Nous, on s’est imposé d’avoir les deux qui sont négatifs. C’est à dire qu’il n’y a plus de signes d’activités du virus dans la gorge et dans les selles. Nous sommes même encore en discussion dans mon équipe pour dire qu’est-ce qu’on fait. Compte tenu des conditions d’hygiène au quartier est-ce que c’est une bonne chose de laisser partir quelqu’un qui émet encore le virus dans les selles. »

Parmi les difficultés rencontrées par le ministère, le non respect des mesures de quarantaine ou encore les refus de dépistages. La définition de sanctions pénales à ce sujet est actuellement en cours d’élaboration.

• Un pont humanitaire européen vers la Centrafrique
De Lyon, dans le Sud-Est de la France, à Bangui. L’Union européenne a annoncé avoir établi un pont humanitaire aérien, jeudi 7 mai, pour assurer l’activité des ONG en pleine pandémie de Covid-19. L’opération, qui prévoit une série de vols vers plusieurs pays, vise « à montrer notre solidarité européenne, qui va au-delà des frontières de l’Union », a déclaré Janez Lenarcic, commissaire européen à la gestion des crises, lors d’une conférence de presse à l’aéroport de Lyon-Saint Exupéry.
Au total, 70 personnels humanitaires et 8 tonnes de matériel (médicaments, masques, gants, gel hydroalcoolique, matériel orthopédique pour personnes handicapées…) ont été annoncés sur ce vol. Deux prochaines liaisons auront lieu en début de semaine prochaine, pour livrer à Bangui 32 tonnes de matériel supplémentaires. L’objectif affiché est de pérenniser et renforcer l’action d’associations sur le terrain.
« Le problème avec ce type de crise sanitaire, c’est la comortalité », a souligné Joël Weiler, directeur général de Médecins du monde. « La fermeture des frontières, le manque de vols, l’impossibilité de déplacer nos staffs, l’impossibilité d’envoyer du matériel… a complètement bloqué l’aide qu’on pouvait apporter à la Centrafrique », a-t-il observé. Ce pont répond « autant à la nécessité de combattre la pandémie de Covid-19 que de prendre en charge et de continuer à augmenter notre réponse sur les crises préexistantes », a abondé Jean-François Riffaud, directeur général d’Action contre la faim, citant, entre autres, les crises alimentaires, les conflits, l’accès difficile à l’eau et l’hygiène.
Au total, le Réseau logistique humanitaire (RLH) a ainsi identifié 37 destinations à desservir, à partir de données consolidées par les ONG.

Une crise sanitaire menaçant le contexte électoral en Somalie
Dans un rapport, l’International Crisis Group se dit très préoccupée par l’impact socio-économique du Covid-19 en Somalie, pays affichant un système de santé déjà très fragile. L’ONG parle ainsi d’une « urgence de santé publique dans un champ de mine électoral ». La crise sanitaire intervient en effet dans la préparation d’un moment politique attendu, rappelle le document, à savoir les élections législatives de novembre 2020 et la présidentielle de février 2021. Or, « les opposants craignent que le pouvoir exploite les craintes liées au virus pour repousser les élections, comme une manière de rester en fonction une fois le mandat terminé », alerte l’International Crisis Group. Tout changement unilatéral du calendrier électoral devrait rencontrer « des objections farouches et possiblement de la violence », alerte l’ONG.

• Gambie : des cas de coronavirus parmi des personnes entrées illégalement sur le territoire
En Gambie, le dernier bilan du Covid-19 s’élève à un total de 20 contaminations. Parmi ces cas, au moins 3 sont des cas importés par des Sénégalais qui sont entrés illégalement dans le pays. La frontière entre la Gambie et le Sénégal est fermée depuis le 23 mars, mais les échanges et les flux transfrontaliers n’ont pas cessé, indique notre correspondant à Banjul, Romain Chanson. Avec la pandémie de coronavirus, la porosité de la frontière gambienne, est devenu un enjeu de sécurité sanitaire.
« Panique à Bassé » titrait le journal The Point fin avril après l’intrusion de 43 individus dans les environs de cette ville gambienne. Tous arrêtés et placés en quatorzaine. Malgré la fermeture de la frontière avec le Sénégal, le commerce, les voyages et les trafics persistent, déplore Seedy Touray, secrétaire permanent au ministère de l’Intérieur.
« Les interceptions d’individus qui essaient d’entrer illégalement dans le pays sont quotidiennes, dit-il. Nous avons tellement de routes alternatives. C’est un vrai défi de pouvoir surveiller tous ces points d’entrée. »
Le ministère de l’Intérieur reconnaît qu’il n’a pas assez de ressources pour surveiller les 740 km de frontière. Sa porosité est une menace pour la situation sanitaire du pays estime Sana .M. Sambou du centre des opérations d’urgence au ministère de la Santé.
« La Gambie est un tout petit pays. Si nous n’avions pas cette menace venue de l’extérieur nous pourrions très bien contrôler l’épidémie. Les gens savent qu’il y a des cas de coronavirus au nord et au sud du Sénégal et certains d’entre eux fuient en Gambie pour se mettre à l’abri. »
Dans son dernier bulletin, le ministère de la Santé appelle à renforcer la coopération avec les services de l’Immigration pour faciliter l’expulsion des étrangers qui sont entrés illégalement en Gambie.

• Opération « mains propres » au Burkina Faso
Une opération « mains propres face au Covid-19 » a été annoncée au Bukina Faso, à destination de quelque 71 000 usagers de fontaines. « Nous allons en effet mettre un lave-mains à pédale et des savons à la disposition des usagers de 80 bornes fontaines Uduma des régions du Centre-Nord et des Hauts-Bassins, sur nos fonds propres », déclare Jean-Christophe KI, directeur général de la société burkinabè Vergnet Burkina (Ouagadougou), délivrant le service Uduma au Burkina Faso.

• À Madagascar, inquiétude de nouvelles contaminations dans les écoles
À Madagascar, depuis la reprise des cours il y a un peu plus de deux semaines, l’inquiétude est grandissante parmi les parents d’élèves, la société civile et certains élus. Le chiffre de 35 nouveaux cas en une journée donné jeudi par les autorités a beaucoup alarmé. La plus forte augmentation depuis le début de l’épidémie. Même si ce chiffre est remis en cause aujourd’hui par les autorités (qui souhaitent faire de nouveaux tests), il a relancé le débat sur la pertinence d’envoyer les élèves à l’école alors que l’épidémie n’est pas sous contrôle, rapporte notre correspondante à Antananarivo, Laetitia Bezain.
Neuf enfants de trois quartiers voisins contaminés. Certains cas détectés dans des écoles. La nouvelle a fait beaucoup réagir et a angoissé de nombreux parents. Deux semaines après la rentrée, l’Alliance stratégique pour l’éducation, qui regroupe une dizaine d’organisations de la société civile, demande la suspension des cours.
« Vu la hausse des statistiques qui font état d’enfants testés positifs, on demande le report de la reprise des cours, affirme Hony Radert, l’une des responsables, secrétaire générale du Collectif des citoyens et organisations citoyennes. Les enfants ne sont pas en sécurité dans la situation actuelle. Au niveau des bus, nous avons constaté qu’il n’y a pas toujours de gel pour ce nettoyer les mains. Ils sont assis deux par banquette donc le mètre de distance n’est pas respecté. Au niveau des écoles, nous avons aussi vu des photos où les enfants sont vraiment côte à côte. »
Mahefa, habitant d’Antananarivo, a décidé de ne plus envoyer sa fille à l’école. « Par mesure de précaution et de prudence, j’aimerais bien que l’État décide de suspendre les cours, dit-il. La confusion qui règne au niveau des chiffres ne rassure pas non plus les parents. Le virus circule partout à Antananarivo. Moi je ne vais pas envoyer ma fille de 10 ans. »
Contacté, le ministère de l’Éducation nationale indique « comprendre l’inquiétude des parents » et précise que « le gouvernement est en train d’étudier l’évolution de l’épidémie. Une décision concernant le maintien des cours sera prise ensuite. »

Des appels à la levée du confinement en Afrique du Sud
Au total, l’Afrique du Sud risque de perdre quelque sept millions d’emplois à cause de l’épidémie de coronavirus, a mis en garde le ministre des Finances. L’impact sur l’économie sera considérable. Les autorités ont déjà assoupli cette semaine les restrictions de déplacement, mais certains acteurs économiques appellent à une levée totale du confinement. Mais l’Afrique du Sud est le pays le plus touché du continent avec 9 420 cas déclarés et 186 décès et l’épidémie de coronavirus est loin d’y être terminée mettent en garde de nombreux médecins.
Désormais, après 7 semaines de confinement, et même si de nombreuses mesures restent en place, les rues sont à nouveau animées, indique notre correspondante à Johannesbourg, Claire Bargelès. Plusieurs centaines de milliers de Sud-Africains ont repris le travail, les grands magasins autorisés à rouvrir font le plein, et le matin, beaucoup sortent pour faire de l’exercice dans le créneau établi par le gouvernement.
Mais ce relâchement n’inquiète pas trop les experts, qui estiment que le confinement très strict appliqué auparavant a permis de faire gagner beaucoup de temps de préparation au pays, afin de faire face à la vague de contaminations attendue.
L’épidémiologiste Salim Abdool Karim est à la tête du comité qui conseille le gouvernement sud-africain sur la gestion de la crise sanitaire. Selon lui, la progression de l’épidémie est inévitable, mais le confinement a permis de gagner du temps précieux.
« Alors que nous allégeons le confinement, nous allons voir de plus en plus de cas apparaître, c’est une évidence, note le médecin. Nous ne pensons pas pouvoir échapper à l’épidémie, nous n’avons jamais pensé cela possible, mais nous voulions surtout aplanir la courbe, pour pouvoir réduire la mortalité et que le maximum d’hôpitaux soient prêts à faire face. »
En attendant, les capacités du système de santé ont pu être renforcées, et les foyers d’infection sont repérés grâce à un ambitieux programme de dépistage. Plus de 30 000 agents sont déployés dans les quartiers à risque : « On se rend dans chaque habitation, pour demander si quelqu’un a de la toux, mal à la gorge, ou de la fièvre, explique Nandi Nxumalo. Si quelqu’un nous dit oui, on peut les rediriger vers le stade, là-bas, pour aller se faire tester. »
Dans le township d’Alexandra, au nord de la ville, Matome accepte de bonne volonté de répondre à ces questions, mais il observe que ce n’est pas le cas de tout le monde : « Je pense que cela peut aider, dit-il. Car le coronavirus est déjà là. Mais il y a des gens qui ont peur d’aller se faire tester ou qui ne veulent juste pas y aller. »
Selon le comité d’experts, le pic de l’épidémie devrait avoir lieu en Afrique du Sud entre fin juillet et mi-septembre.

• Le football bientôt de retour au Burundi, toujours suspendu au Bénin
Après avoir été le dernier pays africain à suspendre les compétitions de football sur son territoire, officiellement pour des questions de réaménagement de calendrier, le Burundi a dévoilé ce samedi 9 mai les dates de reprise.
Selon une lettre de la Fédération transmise aux présidents de clubs et relayée sur les réseaux sociaux, la Coupe du Président, comme les championnats de première et deuxième division, pourront se jouer à nouveau à partir du 21 mai. Soit au lendemain des élections présidentielle, législatives et communales prévues dans le pays.
Au Bénin, en revanche, la Fédération de football a décidé ce samedi de maintenir la suspension des championnats nationaux. Une décision annoncée à l’issue d’une réunion du comité exécutif tenue dans la capitale, Porto-Novo. La Fédération s’est ainsi fixée jusqu’au 15 juin pour observer si la situation perdure, auquel cas elle ne « pourra plus décider de la reprise du championnat, ce qui veut dire qu’il serait annulé », a expliqué le secrétaire général de l’institution.